Lâcheté ?
Mon fils n'est pas un lâche !
Jeudi, 14 janvier, mon fils, Jean-Salvy, comparaissait devant les magistrats de la cour d'appel de Poitiers.
Dans son réquisitoire, l'avocat général, après avoir évoqué ses 20 ans, ses convictions et la façon dont il les défendait alors, a déploré « cette espèce de lâcheté qui se développe à la barre et qui consiste à nier les évidences en disant « je n'y étais pas » ou « ce n'est pas moi ».
Dans la salle d'audience, jeudi, ces mots m'ont bouleversée.
Aujourd'hui encore ils me hantent.
Mon fils n'est pas un lâche ! Ses amis ne sont pas des lâches !
Les jeunes gens et jeunes filles de 20 ans qui, à visages découverts, sans violence, clament leurs convictions, leur soif de justice, ne sont pas des lâches. Pas plus aujourd'hui qu'hier.
Ni le courage ni la lâcheté ne sont l'apanage d'une génération. En un temps où les grand-parents de Jean-Salvy faisaient acte de Résistance, d'autres déjà cédaient à la lâcheté.
Où est-elle aujourd'hui la lâcheté ?
Chez ceux qui se cachent derrière un masque ou une cagoule...
Chez ceux qui, comme moi souvent, expriment leurs convictions au fond de leur fauteuil...
Chez ceux qui cherchent à dissimuler leurs défaillances et leurs erreurs par des mensonges...
Les jeunes gens courageux qui réfléchissent, pensent, s'expriment, osent, éventuellement descendent dans la rue, nous renvoient à nos propres faiblesses d'adultes désabusés, à notre inertie. Alors encourageons-les. Offrons leur notre attention et notre confiance. Suivons-les... puisque nous ne les précédons plus.
Mais surtout ne les cassons pas !
Ne cassons pas par des mots injustes, inapropriés, lourds, très lourds, ces êtres si fragiles et forts à la fois que sont nos enfants de 20 ans.
Gwenn Compte
Voir l'article de La Nouvelle République
dessin offert par Pierre.
Tout cela éveille en moi une grande colère et j'ai 46 ans.
Je trouve les jeunes qui se mobilisent pour cette cause et bien d'autres, non pas lâches mais bien au contraire courageux, calmes, intelligents... Beaucoup d'adultes, de décideurs, d'hommes de pouvoirs, devraient se montrer parfois un peu plus humbles. Il faut arrêter de regarder notre jeunesse avec mépris, elle ne le mérite pas.
Bénédicte Billecocq.